Dimanche 13 mai 2012 à 14:19

http://x-decadence-x.cowblog.fr/images/tumblrlzluju0dDx1r2gicio1500.jpgBougies.

On avait onze ans. On avait onze ans et on s’était dit « tu verras quand on seras grandes on ira au cinéma ensemble, avec nos petits copains. Ce sera … le 10 mai. » C’était une date au hasard, la première qui nous étais venue à l’esprit, celle là où une autre un final ça n’avait pas beaucoup d’importance. Mais ça sonnait bien, le 10 mai. C’était une sorte de promesse, quelque chose à laquelle raccrocher nos au revoirs. Et puis on s’est perdues de vues. Alors quand il y a quelques mois ce garçon que je connaissais à peine depuis quelques heures m’a dit qu’il était né un 10 mai, j’ai sourit. J’ai repensé à cette vieille histoire, vaguement. Au temps qui passe, au gens qu’on abandonne, à la vie. Et aujourd’hui c’est pareil. Je le regarde souffler ses bougies et je me rend bien compte que le temps a filé, bien plus vite que prévu, comme dans un discours bien cliché d’une attachante personne âgée. En deux temps, trois ou quatre mouvements, me voilà à la fin de l’année et en même temps au même point qu’au début. Je compte un peu les jours qui me séparent de tout cela, les vacances que je ne vois pas comme une délivrance mais comme un supplice, pour une fois. Comme une sorte de test, aussi. Je me rends bien compte qu’on pourrait se perdre facilement durant ce laps de temps, omettre de s’envoyer des messages inutiles, s’oublier un peu mutuellement, que toute cette complicité s’estompe comme elle s’estompe déjà un peu. J’aime pas me dire que petit à petit la fin de quelque chose se dessine, quelques traits légers au crayon à papier qui bientôt seront recouverts d’encre indélébile, notre destin sceller, et plus que notre patience pour nous accompagner et voir ce qu’il y aura après. Ce serait tellement plus simple si les choses pouvaient rester comme cela indéfiniment, des semaines de cours se suivant et qui une fois se ressemble et la suivante sont différentes, la jolie routine, nos gamineries sur fond de trompettes de fanfare, des parapluies à partager. Et toujours un peu les mêmes histoires que l’on raconte aux autres qui peu à peu entre dans la danse. « There was little we could say, and even less we could do to stop the ice from getting thinner under me and you. »

 

DK.

Dimanche 6 mai 2012 à 17:47

 

http://x-decadence-x.cowblog.fr/images/tumblrm2spo4bSye1qzu1cqo1500.jpgMacarena.

Ca fait des mois qu’on s’est pas vu, des mois sans trop de nouvelles, juste quelques brides un peu volées par-ci par-là. Et pourtant en moins de trois secondes c’est comme si rien n’avait jamais bougé, comme si on se voyait encore tous les jours, on se prend les mêmes fou rires et on se surprend soi-même de cette étrange complicité. Et j’adore ça. J’adore me dire qu’au final même si on a tous un peu nos vies et qu’elles ont de plus en plus de mal à se croiser, même si on attend parfois trop longtemps avant de se rappeler aux autres, même si on oublie un peu de prendre des nouvelles, rien n’est jamais perdu. Et on se fait la promesse de se revoir plus souvent, et même si on la tiens pas au final ce n’est pas si grave, dans un an de toute façon on sera toujours là, à danser la macarena sur cette scène qui a fait qu’un jour on s’est connu, comme si le temps, à un moment donné, avait cesser de filer. Comme un retour en arrière, des souvenirs en vracs qu’on distille au fil de nos conversations, de la jolie nostalgie. On se ballade dans les couloirs de ce qu’avant on considérais comme un chez nous et de plus en plus on croise des têtes qui ne reconnaissant pas la nôtre, ils sont trop jeunes et nous trop vieux, déjà. Mais je suis là, je vends des programmes comme la pire vendeuse de tous les temps, j’harcèle un peu les gens, mes arguments sont plutôt malingres et d’ailleurs les recettes ont bien du mal à naître mais je ne pense à rien d’autres. Comme si les phrases tel « j’ai l’impression de m’être barrée d’ici il y a des années »  prononcées avec une assurance naïve quelques heures plut tôt n’étaient en fait qu’une sorte de mirage. Car si ça a pu être le cas dix minutes durant, bien vite ici c’était de nouveau chez moi et le monde extérieur, mon monde réel, celui qui m’occupe entièrement depuis 8 mois, avait fermé ses portes pour une journée. J’oublie tout. Et j’ai besoin qu’on me mime le bruit d’un animal pour me rappeler que quelque part il y a cette personne dont je suis folle amoureuse mais à cause de qui rien n’est simple. Et tout à coup pleine d’euphorie je redeviens la gamine fofolle exaspérante qui joue a des jeux dont elle ne connaît pas bien les règles et quand enfin je trouve le chemin de mon lit, j’ai de vieux couplets de chanson qui me trottent dans la tête. Et je souris. « We're not the same, dear, as we used to be. The seasons have changed and so have we.»  

 

DK.

Samedi 28 avril 2012 à 12:59

 

http://x-decadence-x.cowblog.fr/images/500fulllarge.jpg

Ma colère.

Je suis en colère contre toi. Je suis en colère à un tel point que je pourrais te frapper, te taper de toutes mes forces, me défouler sur ta petite personne si seulement tu t’étais donné la peine d’être en face de moi. Et avec mes petits points frêles contre ta carrure de sportif j’arriverai certainement pas à faire beaucoup de dégâts, c’est évidemment, tout au plus je gagnerais une petite étreinte avec laquelle tu voudrais me calmer, me dire que c’est pas grave, que tout va bien. Parce que tu comprendrais pas. Et au fond évidemment que ce n’est pas de ta faute, parce que tant que je ne te dis pas les choses, tu ne les comprends pas. Je te dis que je m’en fou et tu prends ça comme un désintérêt pour ta personne, tu prends les choses au pied de la lettre, sans voir qu’au fond si je te dis ça c’est justement parce que j’en pense tout le contraire, et que je voudrais juste que tu me montres que t’es du même avis. Mais non. Vous êtes là, tes petits airs innocents et toi, vous me regardez avec ce qui semble être de la bienveillance, une amitié si belle, tiens donc, et tu me raconte ta vie sans même faire semblant de te rendre compte qu’il y a des parties que j’occulte, des moments où je tourne la tête, où j’éclate plus de rire comme une idiote. J’ai arrêté de prendre ton parti, de te défendre devant les autres, je suis même en train de me demander si je me suis pas gourrée. Il y a maintenant des jours où j’arrive à t’en vouloir même lorsque tu es à côté de moi, avec ta main sur mon genou gauche, et cela semble juste être un pas de plus vers la haine. Quand t’es pas là je te cherche et quand je te vois je ne te supporte plus. Je supporte plus que tu craches à la face du monde ta belle histoire d’amour, que tu ne m’en épargnes plus aucun détail, que tu ne prennes même plus la peine de dissimuler quelque peu tout cela. Je supporte plus la tranche de vie en plus dont tu disposes, ni même tes messages idiots auxquels avant je souriais peu importe leur contenu et qui aujourd’hui ne sont qu’un rappel de plus de ma défaite. Tu vois rien, et c’est bien dommage parce que moi j’ai aucun courage pour te le dire. Mais, tu sais, ça passeras et peut-être même que demain je pourrai de nouveau plus me passer de toi. « Tu croyais pouvoir t'en sortir en me quittant sur l'air du grand amour qui doit mourir mais vois-tu je préfère les tempêtes de l'inéluctable à ta petite idée minable. »

 

DK.

Samedi 21 avril 2012 à 13:41

 

http://x-decadence-x.cowblog.fr/images/tumblrm0fu9j3qkZ1r78dtko1500.jpgLe souvenir d’hier.
En réalité il semblerait qu’on ne puisse jamais vraiment échapper à son passé. Même si on tourne des pages à tour de bras, même si pour des raisons qu’on ose qu’à moitié évoquer on préfère bien plus notre quotidien actuel et même si on va même jusqu’à fuir sans remords toutes ces personnes avec qui avant on se forçait encore un peu par politesse, on n’est jamais à l’abri d’une rencontre inopinée sur un quai de gare avec une personne appartenant à cet autre temps. Alors bien sûr, après les phrases d’usages et après s’être inquiété de nos vies actuelles, on finit forcément par remuer un peu le passé, à aller dépoussiérer ce qui durant un instant nous paraît aussi lointain que l’âge de pierre et qui pourtant était encore notre réalité il y a moins d’un an. Je crois qu’en fait, quoi que je dise, j’aurai toujours une certaine tendresse pour tous ces moments révolu. La même tendresse qu’en amour quand après avoir jurer sur tout un tas de têtes innocentes que je rayais définitivement certaines personnes de ma vie je me surprends à y repenser avec douceur. Juste comme ça. Juste comme un petit vent chaud qui vous traverse et vous fait sourire. Comme une envie de savoir ce qui se serait passé si les choses avaient été différentes. Si certaines histoires avaient débuté à un autre moment de ma vie, si certaines promesses avaient été transformées en actes, si certaines phrases n’avaient pas été prononcées. Et je ne saurais jamais. Tout comme aujourd’hui je suis incapable d’affirmer que les choses auraient été semblables avec un mois de moins de timidité. Et à quoi bon savoir, au final ? Compter les points, se morfondre parce qu’on a fait les mauvais choix, regretter l’avant ? Au final, ne pas savoir, s’est aussi ne pas s’en vouloir. « Cause whatever you may think I forgot you know, I’m still thinking about it. Sometimes I wish I could stay but no matter where I go, no matter how long, you know I’ll keep hanging on. Sweet memories, I’m leaving but my mind will surely stay »     
 
DK.

Mardi 10 avril 2012 à 19:24

http://x-decadence-x.cowblog.fr/images/tumblrlxyza2YTxZ1qfrntlo1500.jpg
 
Guimauve.
C'est pas si pire que ce que j'aurais cru. Je veux dire, au final j'ai pas l'impression que tu me manques tant que ça. Je fais des choses sans toi et ça me va plutôt bien, il y a même des jours où je suis capable d'oublier ton existence. Un peu. Mais, au fond, je serais incapable de dire si c'est bon signe ou non. J'ai pas vraiment l'impression d'être résignée, même si je le suis tout de même sûrement, au final, par la force de ces choses créant des distances entre mes espérances et la réalité actuelle, celles s'immisçant dans notre quotidien et qui me font comprendre que ta situation du moment te sied parfaitement. La vérité est que ça n'a jamais été comme ça. Je veux dire, si intense. J'ai cru être amoureuse cent fois, mais avant toi j'ai jamais cru mourir si je passais une toute petite journée sans voir quelqu'un. Alors j'imagine que oui, cette fois ci c'est différent. Et même si parfois tu me déçois un peu, malgré toi, pour cause de jalousie ou autre de ma part, je suis absolument complètement incapable d'imaginer un avenir proche ou lointain sans ta bouille de gamin grimaçant à mes cotés. Et pourtant je me doute bien qu'on s'éloignera un jour ou l'autre, on s'éloigne même déjà, parfois. Peut-être même parce qu'on commence à trop bien se connaître toi et moi, qui sait. Et quand je dit qu'il m'arrive de réussir à t'oublier je ment un peu, car en réalité un rien me ramène à toi. Et de toute manière, je pourrai jamais totalement cesser de t'aimer si fort tant que tu continueras à poser ta tête sur mon épaule parce que tu es fatigué. Donc, au fond, toute cette guimauve que j'expose à la face du monde depuis des mois, c'est un peu de ta faute aussi. Qui n’a jamais crié « je suis folle dingue amoureuse de toiii » dans une soirée devant le fameux garçon en étant sûr que le volume de la musique ne lui permettrais pas d’entendre ? Dans les films la musique s’arrête juste à ce moment-là, le garçon l’entend et embrasse la fille. Dans la réalité la musique continue, le garçon regarde la fille, lui sourit et lui demande si ça va. Si tu savais. « Waiting for a word from you, waiting for a sign or two. »

 

DK.

Lundi 2 avril 2012 à 12:35

http://x-decadence-x.cowblog.fr/images/tumblrlzwiwyUlSQ1rp6di5o1500-copie-1.jpg Mes larmes sur ton sac de couchage.
 Elles auraient pu exister, si j’avais perdu le contrôle. Elles auraient pu naître, l’air de rien, poussées à l’extérieur par ces images dansant dans ma tête, tous ces trucs de bonheur conjugaux, tous ces moments où je n’avais définitivement pas ma place. Tu vois, aujourd’hui je sais plus ce que tu sais, ni ce que tu dis aux autres. Je sais juste que je suis là, avec elle, avec vous, et que tu prends les choses les plus naturellement du monde, comme s’il n’y avait pas de problème, comme s’il n’y en avait jamais eu. Je peux pas m’empêcher de tenter de montrer au monde notre complicité, je suis pas dans la compétition mais j’ai juste besoin de me rassurer. De me dire que d’ici deux semaines tout sera redevenu normal, sans elle dans les parages ou en tous les cas pas physiquement, avec toi rien que pour moi, et tout le loisir d’occulter cette partie de l’histoire. Elles auraient pu exister, mes larmes, mais au final je n’ai gardé que le reste. La jolie soirée que j’avais passée, tes petits airs prévenant, et la constante idée dans ton esprit que je suis en sucre et que j’ai besoin d’être protégée. Je peux pas m’empêcher de sourire quand on éclate de rire rien qu’à deux et que les autres ne comprennent pas, je peux pas m’empêcher de me sentir importante, même si je devrais pas. Evidemment que je fais des comparaisons, que je dénigre, en silence, le tout en montrant une image joyeuse et ouverte, tout à fait encline à se faire une nouvelle amie, tout à fait polie et gentille. Je sais même pas si toi tu vois que je me force un peu, si elle elle se rend compte, si les autres le sentent un minimum. Je veux dire, un garçon te fais presque des avances et tu le crie au monde en rigolant, t’en étant aperçu dès les premières secondes, tandis que mon attitude à moi est passée sous silence. Comme s’il ne se passait rien. Alors oui, peut-être que si j’avais été un peu moi fatiguée ou un peu moins résignée, elles auraient eu des raisons d’exister, mes larmes sur ton sac de couchage. Et quand tu viens me demander si tout va bien et que j’essaye de te faire comprendre tout mon désarroi en plongeant mes yeux dans les tiens, je suis pas certaine que t’en retire grand-chose. Mais tout ce que je voudrais que tu comprennes, pourtant, ce serait quelque chose comme « Do you understand who I am, do you wanna know ? Can you really see through me now ? I am about to go.»
 

Mardi 27 mars 2012 à 20:03

http://x-decadence-x.cowblog.fr/images/tumblrm0oy0e9Izw1rp6di5o1400.png 
L’occultation.

Dans ces endroits je suis a moitié touriste à moitié autochtone, et couchée là sur l’herbe en plein soleil, je suis entièrement heureuse. Parce que le beau temps à tendance à avoir cet effet là sur moi, parce que certaines présences ont tendance à avoir cet effet là sur moi, l’effet généralement nommer "l’occultation". Oui, j’ai tendance à occulter. Les échéances, les mini conflits internes, et puis les événements qui se profilent à l’horizon, de manière de plus en plus proche, et qui me font un jour peur et un jour rigoler. J’ai envie de voir. Poussée par la curiosité, j’en oublie même que ça risque de me faire du mal, de les voir ensemble. Mais je veux savoir, me rendre compte par moi-même, tout en tentant de ne pas tomber dans le comptage de points, dans la comparaison. Je voudrais idéalement réussir à me contrôler, éviter de laisser passer mon aigreur, avoir l’air amicale et joyeuse. Et en attendent je joue un peu sur mon côté gamine, parce que c’est plus facile, parce que ça peut excuser pas mal de choses. Je fais la gosse et au final il paraît que ça me va plutôt bien, ça m’évite d’avoir à prendre trop de responsabilités et rien que ça c’est pas si mal. En réalité je suis constamment en train d’osciller entre le besoin de me la jouer indépendante et l’envie de laisser les autres faire les choses pour moi. Sans doutes parce qu’au final, choisir c’est toujours renoncer. Et même si j’occulte, même si mes yeux sont embrumés d’un voile et ont tendance à ne voir que le positif, au fond de moi évidemment que je suis au courant du côté fâcheux des choses. Je vois bien que ça bouge pour certains, et quand inconsciemment je fais le point sur les mois écoulés, en plus de me demander combien de temps je pourrais encore tenir comme cela, je me demande surtout combien de temps le reste pourrait encore durer. Parce que même si j’en doute souvent et parfois à raison, je vois bien que j’ai tout de même encore droit à certains privilèges de sa part que d’autres n’ont pas. Et à chaque fois, ça me fait sourire. « Y'a des silences qui disent beaucoup, plus que les mots qu'on avoue. »

 

DK.

Lundi 19 mars 2012 à 19:27

http://x-decadence-x.cowblog.fr/images/tumblrm0hmx9Lv6w1qa1iiqo11280.jpgAi-je le temps ?
Sur la question les avis divergent et quand moi j’essaye de trancher, j’ai un peu de mal. Comme à chaque fois. Ai-je réellement le temps, l’occasion de ne faire que de petits pas, ou faudrait-il que je me presse pour être certaine d’avoir accompli un maximum de ces choses qui me semblent importantes avant qu’il ne soit trop tard ? Il y a les matins ou mes yeux sont fatigués mais où, à l’ombre des premiers rayons de soleil, je souris quand même parce que je vois une porte s’ouvrir et une personne que j’ai très envie de voir me rejoindre, et que ça suffit à m’éveiller. Ces matins-là je me dit simplement que même si j’ai très envie que ce sois lui, si ce n’est pas le cas ce seras un autre, et c’est pas si grave. Et puis il y a les autres jours, ceux où aucune porte ne s’ouvre malgré tout l’espoir qui m’envahissait depuis la veille au soir, les jours ou j’ai presque envie de taper dans les murs, ou de fondre en larme, au choix. Et alors, ceux là, je voudrais juste enfoncer les portes, vivre à du deux cent à l’heure, mûrir plus vite, devenir réellement adulte le plus rapidement possible, sans devoir attendre, juste pour avoir d’autres choses auxquelles me raccrocher. Alors que la veille, posée en plein soleil au milieu de quelques buissons, le presque silence juste fendu par ses grands éclats de rire, je suis tellement bien que je voudrais pour toujours ralentir le temps. Même si je sais que j’ai cours et que l’auditoire risque d’être bondé, alors qu’il faudrait peut-être qu’on y soit un peu à l’avance pour pouvoir trouver des places côtes à côtes. Alors oui, peut-être que j’ai le temps, que je peux me planter plusieurs fois, commencer quelque chose, ne pas le terminer, recommencer ailleurs ou juste après, peut-être que le maturité me manque encore, sûrement. En réalité, je crois que je voudrais juste être sûre, si jamais demain je me faisais faucher par un bus, d’avoir fait des choses. Du coup je suis en plein doute, et un peu niaise, aussi. J’imagine qu’on s’y fait. « You provoked and you broke all my dreams and my hope. »

DK.

Lundi 12 mars 2012 à 20:04

http://x-decadence-x.cowblog.fr/images/tumblrlzhzbszi3n1rp6di5o1400-copie-1.jpgTourbillon.
Les jours passent, les mois aus si, les gens avec. J’ai vu mon entourage changer, les petits groupes se dessiner, des amitiés s’évanouir et des gens qui pourtant connaissent quelques détails croustillants sur ma vie s’éloigner. Je n’ai pas lutté. Moi aussi, j’ai fait des choix sans vraiment en faire, trouvé mon équilibre, de quoi me sentir bien presque en permanence et ce le plus naturellement du monde. Et puis d’autres reviennent dans la danse, viennent prendre des nouvelles, s’enquérir de notre présent. Comme un petit retour en arrière, des éclats de rire communs qu’on refait vivre le temps d’un instant, comme si on y était encore, comme si on n’avait pas eu le temps de grandir, depuis tout ça. Comme un tourbillon, certains partent et d’autres reviennent, sans oublier ceux qui restent, encore et toujours. Tourbillon, aussi, au niveau des sentiments qui exécutent une drôle de chorégraphie à l’intérieur de mon esprit, quelque chose qui oscille entre amour et haine, passion et hostilité, le tout à fréquence inconstante. Le contraire aurait été bien trop simple. Et quand la jalousie s’en mêle, alors, tout à coup, débarquant de nulle part, tombant du ciel comme une anti-bénédiction, me tombant dessus, surtout, comme une sorte de coup de massue, je me renferme dans mon monde et je ten te de passer à autre chose. Je sais que ce n’est de la faute de personne si ce n’est de la mienne, que je ne peux pas en vouloir au monde de ressentir les choses différemment de moi, que je m’y suis jetée toute seule, sans qu’on m’y force ou m’y pousse, dans cette toile d’araignée tortueuse. Plus le temps passe, plus les choses se passent et moins je sais comment réagir. J’ai l’impression que peut importe l’attitude que j’adopte le résultat est toujours fort semblable, et les non-dits me gavent, les non-dits me bouffent, et j’ai envie de crier, de manière possédée, de geuler des trucs pour essayer de comprendre. Même si, au fond, je crois bien que depuis le début, tout est assez clair. J’ai juste eu du mal à le voir. « Mais serai-je autre chose un jour ? Si la question se pose, si le cœur me l'impose. Sait on jamais si j'ose un jour devenir autre chose. » 

  DK.

Lundi 5 mars 2012 à 19:44

http://x-decadence-x.cowblog.fr/images/tumblrlzcdk0m69X1r8t9z0o1500.jpgBruxelles.

Je m’imagine dans quelque chose comme dix ans, me baladant dans les rues de Bruxelles pour une raison ou pour une autre, souriant sans m’en rendre compte à la vue de certains endroits. Depuis septembre je parcoure ces rues, je peste sur les touristes agglutinés en masse sur mon chemin habituel, sur les pavés en mauvais état ennemis de mes bottes à talons et sur les voitures qui accélèrent sans regarder quand l’inconsciente que je suis traverse en courant au milieu de la route par flemme de gagner le passage clouté et qui manquent de m’écraser. Mais, au final, je pense que le jour où j’aurai fini d’avoir à faire ce trajet, j’en serais triste. Je me vois passer devant le « Pou qui tousse », et déjà aujourd’hui je dois me retenir de chantonner. Je vois l’enseigne du Celtica et j’étouffe un éclat de rire. Je vois mon reflet dans les vitres de mon auditoire et je me replonge dans la bêtise de mes 18 ans, le cœur battant et les regards à l’affût. Oui, même trois mois après, ça me fait sourire. Je crois même que sur le moment je me trouvais déjà étrangement ridicule, mais c’est peu aisé de faire autrement. J’étais pas certaine, il y a encore quelques mois. Avant d’arriver j’étais pas sûre de trouver ma place dans cet endroit, de m’y plaire, d’avoir envie de me lever le matin pour aller m’engouffrer dans un train bondé et traverser les ruelles sombres et un peu inquiétantes qu’offre cette ville comme tant d’autres. Mais aujourd’hui je sais. Je sais que j’ai envie, profondément envie de faire mon trou dans cet endroit, de me taper cinq ans d’aller-retour et encore, si tout va bien, d’aller écrire mon nom sur une futur liste des anciens. Et pas seulement pour l’environnement, l’ambiance, les rencontres que j’y ai fait, les barres de rires et les soirées d’un autre monde. Non, aussi pour le reste, les cours, même ceux dont j’ai parfois envie de m’enfuir, les syllabus qui pèsent presque mon poids et les questions casse-tête des examens. Je veux bien tout ça. Et quand je me balade là-bas, si je chantonne, c’est aussi pour ça. Parce que je suis heureuse de ne pas m’être gourrée, pour une fois. « You may say I'm a dreamer, but I'm not the only one. » 

 

DK.

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