Bougies.
On avait onze ans. On avait onze ans et on s’était dit « tu verras quand on seras grandes on ira au cinéma ensemble, avec nos petits copains. Ce sera … le 10 mai. » C’était une date au hasard, la première qui nous étais venue à l’esprit, celle là où une autre un final ça n’avait pas beaucoup d’importance. Mais ça sonnait bien, le 10 mai. C’était une sorte de promesse, quelque chose à laquelle raccrocher nos au revoirs. Et puis on s’est perdues de vues. Alors quand il y a quelques mois ce garçon que je connaissais à peine depuis quelques heures m’a dit qu’il était né un 10 mai, j’ai sourit. J’ai repensé à cette vieille histoire, vaguement. Au temps qui passe, au gens qu’on abandonne, à la vie. Et aujourd’hui c’est pareil. Je le regarde souffler ses bougies et je me rend bien compte que le temps a filé, bien plus vite que prévu, comme dans un discours bien cliché d’une attachante personne âgée. En deux temps, trois ou quatre mouvements, me voilà à la fin de l’année et en même temps au même point qu’au début. Je compte un peu les jours qui me séparent de tout cela, les vacances que je ne vois pas comme une délivrance mais comme un supplice, pour une fois. Comme une sorte de test, aussi. Je me rends bien compte qu’on pourrait se perdre facilement durant ce laps de temps, omettre de s’envoyer des messages inutiles, s’oublier un peu mutuellement, que toute cette complicité s’estompe comme elle s’estompe déjà un peu. J’aime pas me dire que petit à petit la fin de quelque chose se dessine, quelques traits légers au crayon à papier qui bientôt seront recouverts d’encre indélébile, notre destin sceller, et plus que notre patience pour nous accompagner et voir ce qu’il y aura après. Ce serait tellement plus simple si les choses pouvaient rester comme cela indéfiniment, des semaines de cours se suivant et qui une fois se ressemble et la suivante sont différentes, la jolie routine, nos gamineries sur fond de trompettes de fanfare, des parapluies à partager. Et toujours un peu les mêmes histoires que l’on raconte aux autres qui peu à peu entre dans la danse. « There was little we could say, and even less we could do to stop the ice from getting thinner under me and you. »
DK.
Macarena.
Le souvenir d’hier.
Ai-je le temps ?
Bruxelles.